Qui façonne la tech ? Deux jours pour accélérer la mixité à Montpellier
Les 26 et 27 mai 2026, Montpellier a accueilli la 4e édition des Assises en Région de la Féminisation des Métiers et Filières Numériques, co-organisée par La Mêlée et Femmes@Numérique. Deux journées complémentaires ont été proposées : une journée institutionnelle & grand public à l’Hôtel de Ville de Montpellier, puis une journée immersivechez Kyndryl, dédiée aux jeunes et aux publics en reconversion.
En filigrane, une question structurante : qui construit les outils qui décideront du monde de demain ?
Chiffre clé
< 30 % des emplois du numérique sont occupés par des femmes.

Élisabeth Moreno« Une technologie sans diversité finit toujours par reproduire les angles morts de ceux qui la construisent. »
Repères 2026
- 303 inscrits sur les deux jours + les établissements scolaires
- Mardi 26 mai : environ 150 participants et 22 stands
- Mercredi 27 mai : 170 élèves, 21 ateliers, 3 “vis ma vie” et 15 stands

Top voices / porte-voix
- Élisabeth Moreno | Présidente du CA de Ring Capital et Ring Africa || Presidente de Leaders Engagés || Présidente de la Fondation Femmes@numérique et de La Puissance du Lien || Ministre 2020-2022.
- Charlène Jouanguy | Femmes@Numérique
- Maÿlis Staub | Comex Numeum || Présidente NOVA In Tech || Experte data & transformation numérique
- J.-C. Morisseau | Europe & Meta Infrastructure Business Transformation | Performance & Value Acceleration
Voix institutionnelles et partenaires majeurs
- Manu Reynaud | Montpellier Méditerranée Métropole
- David Travailles | Kyndryl
- Edouard Forzy | La Mêlée
Mardi 26 mai : une journée institutionnelle structurée autour de 4 leviers
La première journée, à l’Hôtel de Ville de Montpellier, n’a pas été pensée comme un simple état des lieux. Le fil rouge a été clair : ne pas se contenter de “dire aux jeunes filles de venir”, mais comprendre ce qui freine la projection, ce qui bloque la confiance, ce qui ferme les trajectoires — et surtout, quels leviers activer concrètement.

Levier 1 — Sensibiliser dès le plus jeune âge (et à tout âge)
Le point le plus fort de ce premier levier : l’enjeu n’est pas une injonction. Les échanges ont insisté sur une réalité plus fine : avant de convaincre, il faut comprendre. Comprendre pourquoi certaines jeunes filles ne s’y projettent pas, pourquoi elles ne s’autorisent pas, pourquoi ces métiers restent perçus comme trop techniques, trop éloignés, “pas faits pour elles”.
Et surtout, la discussion a montré que l’orientation ne se joue jamais seule. Elle se joue dans tout l’écosystème autour des jeunes :
- enseignants, familles,
- structures d’accompagnement,
- associations,
- entreprises,
- et tous ceux qui, à un moment, influencent une trajectoire.

Un point a été répété : intervenir trop tard, c’est souvent intervenir après la construction des représentations. Arriver au lycée peut déjà être tard, car les écarts de confiance s’installent plus tôt.
Les solutions évoquées allaient vers des actions très concrètes : ateliers de découverte, interventions en classe, immersions, rencontres avec des professionnelles, mais aussi un travail auprès des enseignants et encadrants. Le but : rendre les métiers visibles, compréhensibles, accessibles, et casser l’image “technique, masculine ou réservée”.
Ce qu’on retient : la sensibilisation est un travail de fond, parfois invisible, qui demande du temps, de la répétition, de la coordination — mais c’est là que se joue la première étape : ouvrir le champ des possibles avant que les trajectoires ne se ferment.
Levier 2 — Des actions concrètes sur le territoire
Ce deuxième levier a fait ressortir un message important : le territoire est déjà en mouvement. Au fil des pitchs, on a vu la diversité et la richesse des initiatives existantes :
- interventions dans collèges/lycées,
- formations intensives,
- programmes de découverte des métiers,
- mentorat,
- accompagnement vers alternance/emploi,
- dispositifs portés par écoles, entreprises, associations et acteurs publics.
Mais un autre point est ressorti avec force : créer des vocations ne suffit pas si, derrière, les environnements ne sont pas prêts à accueillir et faire grandir ces profils. Les échanges ont insisté sur des actions qui vont au-delà de la “découverte” : travailler avec les entreprises sur les pratiques de recrutement, l’intégration, la progression, et la manière dont on sécurise les parcours.
Ce qu’on retient : l’action locale existe, mais l’impact dépend de notre capacité collective à connecter les initiatives, les rendre visibles et les inscrire dans la durée.
Levier 3 — Les rôles modèles : ces femmes qui prouvent que c’est possible
Cette table ronde a ramené le sujet au réel : des parcours concrets, personnels, parfois directs — avec Adrien Rouxel, Catherine Chauvois, Delphine Specht et Isabelle Simon.
Le fil rouge n’était pas un manque de compétences. Ce qui revient souvent : la confiance, la représentation, le syndrome de l’imposteur, la pression sociale. Plusieurs témoignages ont montré ce que signifie “prendre sa place” : assumer son expertise, demander une évolution, quitter un poste, arrêter d’attendre qu’on vienne donner l’autorisation d’avancer.
Autre point fort : la table ronde n’a pas évité les sujets sensibles (discrimination positive, quotas, politiques volontaristes).
Et surtout : les rôles modèles ne se sont pas présentés comme des figures parfaites. Elles ont parlé d’hésitations, de bifurcations, de doutes, mais aussi d’obstacles et de discriminations très concrets.

Le conseil qui a marqué : avancer par micro-prises de risque.
Postuler sans cocher toutes les cases, demander une évolution, prendre la parole, accepter une mission plus visible, sortir du rôle dans lequel on nous attend. Ce ne sont pas toujours des basculements spectaculaires : ce sont souvent ces petits déplacements qui finissent par ouvrir des portes.
Levier 4 — L’engagement des hommes : une nécessité pour l’égalité
Ici, le débat est devenu très concret : qu’est-ce que les hommes acceptent réellement de changer lorsqu’ils disent soutenir la mixité ?
Le soutien de principe ne suffit pas. On peut être convaincu, “d’accord avec le diagnostic”, et pourtant ne pas modifier ses pratiques : recrutement, critères implicites, réseaux, partage des opportunités, accès à la visibilité.

La discussion sur les quotas/objectif chiffrés a montré une tension utile :
- d’un côté, des quotas peuvent être un outil indispensable, car sans contrainte, les habitudes reprennent vite le dessus ;
- de l’autre, notamment côté écoles : difficile de fixer un chiffre lorsque le vivier n’est pas encore là — le travail doit se faire en amont, sur l’orientation, la confiance et l’envie même de candidater.
Ce qu’on retient : un chiffre seul ne règle pas tout, mais sans objectif, on risque de rester dans les bonnes intentions. L’engagement passe par des actes : aller chercher d’autres profils, ouvrir les réseaux, interroger ses réflexes, partager la parole, créer des environnements où les femmes ne sont pas seulement recrutées, mais où elles restent et progressent.
Et surtout : ce n’est pas une opposition hommes/femmes, c’est une transformation collective des pratiques.
14h30 — Un temps fort “inédit” : le one-to-one face au public
Un moment a été particulièrement marquant dans le déroulé : 14h30 — “L’angle mort de la mixité : les hommes qui soutiennent… sans agir !” porté par Maÿlis Staub (Numeum / Nova In Tech) en échange one-to-one avec J.-C. Morisseau (Lenovo), dans un format volontairement différent : un face à face, une conversation, face au public, pour aller au-delà du discours de principe et parler des conditions réelles du passage à l’action.

Maÿlis STAUB x Jean-Christophe Morisseau
Mercredi 27 mai : une journée immersive chez Kyndryl
La seconde journée a été construite pour rendre les métiers du numérique visibles et concrets : ateliers de découverte, formats “vis ma vie”, rencontres et showroom des métiers/formation, pour permettre aux jeunes et aux femmes en reconversion de se projeter, poser des questions et explorer des parcours.

Un temps fort : le Prix Sabine Carillo-Bégon
Cette édition a été marquée par la remise du Prix Sabine Carillo-Bégon, créé en hommage à Sabine Carillo-Bégon, collaboratrice engagée de La Mêlée.
Au-delà de la performance, ce prix met en lumière des attitudes observées tout au long de l’événement : curiosité, collaboration, initiative et ouverture d’esprit face aux découvertes du numérique.
Les élèves du lycée de Joseph Vallot à Lodève (34) sont les premiers lauréats et auront la chance d’avoir une visite guidée et privée du Data Center de Kyndryl dans les prochains jours.

Assises à distance : une diffusion LinkedIn pour élargir l’accès

Suivez en direct une partie des échanges des Assises en Région de la Féminisation des Métiers et Filières Numériques depuis Montpellier. | REPLAY DISPONIBLE sur LinkedIn La Mêléêe
Pour toutes celles et ceux qui n’ont pas pu se déplacer à Montpellier, l’après-midi du 26 mai a aussi été diffusée en direct sur LinkedIn, depuis la page de La Mêlée, afin de permettre au public de suivre les interventions et échanges à distance. 855 personnes ont suivi le live, prolongeant la dynamique des Assises au-delà de la salle.
Informations | Replay | Photos
Partenaires
Événement organisé par
- La Mêlée
- Numérique pour Elles
- Femmes@Numérique
Grands partenaires
- Montpellier Méditerranée Métropole
- Ville de Montpellier
- Kyndryl
- Leasétic
- EPITECH
- SFR
- De Vinci Higher Education
- République Française
- France Travail
- Région Académique Occitanie
- Neosoft
- Numeum
- MediaSchool Campus Montpellier
- MyDigitalSchool
- EPSI
- Euro Information
Avec le soutien de
- EPITA
- G&T Digital Creation
- Karen Lombault Strategic Advisory
- Planète Sciences Occitanie
- Ink’elles
- Le Fil Rouge — Femmes et Médias
Rédaction et communication :
Benoît Sainte Marie
Directeur de la Communication Occitanie | La Mêlée
Clément Seilhan
Rédacteur Presse | Mid-enews
Avec la contribution de :
Sylvie Launay
Cheffe de projet Mixité | La Mêlée
Corentin Peyrot des Gachons
Responsable Talents formation | La Mêlée
Pauline Bianco
Chargée de communication | La Mêlée